Mein weiches weiches Glück/Mon bonheur tendre, tendre…
© 1980 Dirk Schindelbeck
(© traduction Danielle Fiedler-Rasson 2006)
Regarde ce banc! Comme il semble léger et bien abrité!
Il est protégé par de massives touffes de pins.
Cet endroit n’est-il pas l’idéal pour s’arrêter
et passer une petite heure à s’embrasser?
Vois, tout s’embrasse autour de nous! Pourquoi pas nous?
Regarde les branches sur ta droite, mon amie.
Elles se penchent l’une vers l’autre, de la mousse les réunit.
Ah, elles s’embrassent de leurs douces lèvres végétales,
oh, elles boivent conjointement leurs sèves!
Vois, tout s’embrasse autour de nous! Pourquoi pas nous?
Regarde, à nos pieds la tulipe avale
goutte à goutte la douce rosée et l’étreint des ses pétales.
Vois, tout s’embrasse autour de nous! Pourquoi pas nous?
Derrière nous, dans le petit ruisseau, l’onde
embrasse le petit galet coloré, l’arrondissant sans cesse,
et il roule joyeusement de plus en plus vite,
il rit et saute au-dessus de tous ses petits frères!
Vois, tout s’embrasse autour de nous! Pourquoi pas nous?
Regarde comme ton bien-aimé est anguleux,
son nez endurci émerge bien droit de son visage.
Combien de baisers lui faudra-t-il encore, combien
de baisers langoureux pour qu’enfin il s’adoucisse,
et que son regard exprime alors un bonheur intense.